[Critique] Tomb Raider : Partir sur de nouvelles bases

Au début des années 2000, Lara Croft, le personnage culte de la série de jeux-vidéo Tomb Raider, prenait vie sur grand écran, en la personne d’Angelina Jolie. Après deux volets, Lara Croft : Tomb Raider (2001) et Tomb Raider : Le Berceau De La Vie (2003), l’actrice décida d’arrêter d’incarner ce rôle. Près de quinze ans après ce dernier film, Lara fait son grand retour, incarnée cette fois par Alicia Vikander (Ex-Machina, Jason Bourne). Tout comme ce fut le cas sur console, la saga opère un reboot et Tomb Raider s’inspire de son homologue vidéoludique sorti en 2013. Nous voilà donc en présence d’une héroïne en devenir, qui part à la recherche de son père, disparu sept ans plus tôt et qui met le cap sur la destination où il a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon.

Réalisé par Roar Uthaug (Cold Prey, The Wave), Tomb Raider est-il un nouveau départ réussi pour la franchise ou bien, comme les deux précédents films, la déception est-elle au rendez-vous ?

Malgré qu’il soit bourré de défauts, ce reboot se montre supérieur à Lara Croft : Tomb Raider et Tomb Raider : Le Berceau De La Vie et Alicia Vikander confirme être la bonne personne pour prendre le flambeau d’Angelina Jolie et incarner une Lara Croft très convaincante.

Là où les deux premiers opus ne reprenaient qu’en filigrane l’esprit des jeux-vidéo avec des aventures inédites, ce reboot s’inspire quant à lui de l’intrigue de son homologue vidéoludique mais heureusement ne propose pas qu’un simple copié-collé. Le scénario de Tomb Raider opère quelques changements drastiques par rapport au jeu, mais garde en substance l’aventure initiatique que vit Lara Croft. Certaines séquences sont reprises à l’identique, on pense notamment à celles du naufrage et de l’avion suspendu ainsi que des clins d’oeil aux armes qu’utilise Lara. Par contre, les scénaristes ont sacrément simplifié la trame générale. Si l’île de Yamatai est le lieu principal du long-métrage et que la reine Himiko en est le MacGuffin, les événements qui s’y déroulent sont bien moins compliqués.

Plus de surnaturel, plus de secte, plus de déesse aux pouvoirs mystiques, nous sommes en présence d’une simple recherche de tombeau par un groupe de mercenaires. L’aspect réaliste est un choix qui se défend, mieux vaut en garder sous le pied pour les futures aventures cinématographiques et introduire des éléments mystiques au fur et à mesure que notre archéologue en devenir gagne en expérience. Par contre les facilités scénaristiques sont dommageables et on espère avoir le droit à plus d’énigmes, plus d’épreuves dans les futurs opus.

Contrairement aux événements du jeu-vidéo, Lara Croft en bave bien moins, même si un changement majeur par rapport à son père (dans le film il est porté disparu alors qu’il est mort dans le jeu) permet de rajouter un lien émotionnel nous attachant à la jeune femme. Mais ce point est bien trop appuyé alors que plus de subtilité aurait mieux fonctionné à mon avis. Du côté des mercenaires et de son leader, Mathias Vogel, un problème d’écriture fait que l’on n’arrive pas à avoir réellement peur pour notre héroïne, son équipier Lu Ren ainsi que pour les autres malheureux coincés sur l’île. S’ils sortent les armes pour tenter de nous effrayer, on se dit que leurs prisonniers auraient pu depuis longtemps se débarrasser d’eux vu leur faible niveau de tir. Mais bon cela n’est qu’une des nombreuses facilités présentes tout le long du film. Mais malgré ce scénario et ses défauts, Tomb Raider reste divertissant grâce à un bon sens du rythme. On ne peut pas dire que l’on s’ennuie.

Si Angelina Jolie était sans conteste le point fort des longs-métrages de 2001 et 2003, on peut affirmer la même chose d’Alicia Vikander pour cette version 2018. L’actrice porte Tomb Raider sur ses épaules et rend le personnage attachant avec une Lara qui n’est pas encore l’archéologue que l’on a connue durant des années, qui cherche sa place dans un monde qu’elle ne veut plus affronter, refusant de prendre la place de son père à la tête de son empire et préférant vivre une vie modeste. Une vie plus terre à terre qui permet au spectateur d’avoir de l’empathie pour le personnage. Nous souffrons donc avec elle lorsque des difficultés se dressent sur son chemin. Sa relation avec son père, interprété par Dominic West, est le coeur émotionnel du film, l’alchimie entre l’acteur et Alicia (ainsi que Maisy De Freitas et Emily Carey, les jeunes « Lara ») est bonne et l’on est investit dans cette histoire, même si le scénario force trop le trait en oubliant d’être subtil. Du côté des alliés, retenons que Daniel Wu s’en sort correctement dans le rôle de Lu Ren, le capitaine de L’Endurance qui va amener Lara sur l’île de Yamatai et qui va se trouver lié à cette dernière et à la disparition de son père. Par contre du côté des ennemis, les mercenaires sont transparents mais Mathias Vogel, campé par Walton Goggins, est un peu plus développé mais se révèle au final un protagoniste assez décevant, qui manque de charisme.

Au niveau de la réalisation, Roar Uthaug ne sort pas des sentiers battus, nous offrant le minimum syndical. Même au niveau des effets-spéciaux, ceux-ci ne sont pas vraiment à la hauteur malheureusement.

Le reboot de Tomb Raider s’avère être un film divertissant mais sans plus. Cela n’en reste pas moins supérieur aux deux opus précédents mais le scénario simplifié et balisé ainsi que la réalisation peu inspirée de Roar Uthaug empêche le long-métrage d’être réussi. Mais cette introduction à de nouveaux volets n’est pas catastrophique, juste basique, ce qui est dommage car Alicia Vikander est l’atout majeur de Tomb Raider et campe une Lara Croft très attachante, nous donnant envie de la retrouver pour de nouvelle aventures. Maintenant que les nouvelles bases sont posées et avec des pistes lancées pour de futurs volets pouvant s’annoncer intéressantes à suivre, si le scénario tient la route bien entendu, nous sommes curieux de voir ce que donnera la suite. 

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