[Critique] La Planète Des Singes – Suprématie , magistral et riche en émotions

Présente au cinéma depuis la fin des années soixante , la saga La Planète Des Singes , adaptée du roman éponyme de Pierre Boulle , s’est développée durant cinq films (de 1968 à 1973) avant de disparaître des écrans jusqu’au début du XXIème siècle. Il y a tout d’abord eu la relecture proposée par Tim Burton en 2001 qui ne restera pas dans les annales. Mais il y a surtout eu le reboot de la franchise opéré par la FOX qui a permis à La Planète Des Singes de renouer avec le succès aussi bien critique que public !

En prenant le pari de situer l’action à notre époque et de nous décrire comment on en est arrivé à l’évolution de l’espèce simienne et à sa supériorité face à l’espèce humaine , la FOX a réussi à captiver un nouveau public et à insuffler un nouveau souffle à la saga. Particulièrement apprécié , l’aspect terre à terre des événements et surtout le fait de placer l’émotion au centre de chaque volet plutôt que l’action , pour mieux nous attacher au personnage de César , incarné en motion capture par Andy Serkis. Ce nouveau départ de la saga nous a donné les excellents La Planète Des Singes – Les Origines et La Planète Des Singes – L’Affrontement et nous arrivons au dernier volet de la trilogie , La Planète Des Singes – Suprématie. Toujours réalisé par Matt Reeves , est-ce que Suprématie est à la hauteur de ces prédécesseurs et conclut il de manière satisfaisante les aventures de César ?

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La Planète Des Singes – Suprématie est une réussite sur tous les points , la conclusion magistrale du reboot opéré en 2011 avec un final en apothéose !

Le scénario du film nous prouve qu’une fois encore nous avons affaire à un film de science-fiction intelligent , qui cherche toujours à emmener le spectateur vers un tournant qu’il n’attendait pas. Suprématie n’est pas le blockbuster tout public qui ravira petits et grands. Nous assistons à un drame , à une véritable tragédie même. Le film est dur , froid mais aussi contemplatif , le rythme est souvent ralenti pour mieux nous surprendre ensuite. Suite aux événements survenus dans La Planète Des Singes – L’Affrontement , César continue de faire les frais des actions de Koba. Cette guerre tant redoutée entre singes et humains est donc inévitable. Mais nous ne tombons pas dans la surenchère d’action , de batailles en tout genre. Nous nous concentrons avant tout sur César et sur ses choix en tant que leader face aux drames de cette situation si compliquée pour lui et son espèce. Suprématie se sert des acquis des précédents volets et propose une vision de cette guerre tout sauf manichéenne. Eux-mêmes évolués , les primates agissent également comme les hommes et sont en proie aux doutes , à la violence , à la trahison. Les deux espèces sont plus proches intellectuellement que jamais. C’est d’ailleurs pour cette raison que le face-à-face entre César et Le Colonel (Woody Harrelson) tient toutes ses promesses avec une tension à couper au couteau. D’ailleurs en parlant de tension , celle-ci est omniprésente  , ne nous lâchant que très rarement avec quelques doses d’humour qui sont les bienvenues , mais qui pour certains pourra paraître lourd. En tout cas cela nous permet de souffler un peu. L’émotion est également au rendez-vous et fait mouche , comme dans Les Origines et L’Affrontement. Avoir mis l’accent sur cet élément est sans nul doute la clé de la réussite de la trilogie. Préparez-vous à un tourbillon d’émotions dans La Planète Des Singes – Suprématie , vous ne sortirez pas de votre séance indifférent. Pour terminer les fans de la saga reconnaîtront les clins d’oeil à l’oeuvre d’origine et au film de 1968 qui sont présents et surtout bien amenés dans le récit.

Ce qui aide à la réussite de Suprématie est sa troupe d’acteurs , menée par un Andy Serkis qui donne le meilleur de lui-même. Sa performance en motion capture mériterait un Oscar. La technologie est de plus en plus bluffante et César paraît bien réel. Ses émotions et états-d’âmes sont parfaitement retranscrits , nous permettant d’être encore plus attaché au leader que l’on a appris à aimer depuis Les Origines. Serkis joue un César à fleur de peau , plus humain que jamais dans son comportement , nous donnant toute une palette de jeu nuancée , pour notre plus grand plaisir. Il n’y a rien à redire , Andy Serkis nous offre là sa meilleure partition.

Face à lui , Woody Harrelson n’est pas en reste avec son personnage du Colonel , nemesis de César. Froid , sans pitié , inhumain , il est l’adversaire parfait pour notre primate. Son calme face aux actes qu’il commet le rend bien plus redoutable qu’il n’y paraît. Il fait clairement froid dans le dos et ce qu’il réserve à nos singes fait peur. Harrelson arrive à s’imposer aux côtés d’Andy Serkis et le complète. C’est ce qui rend le duel entre César et Le Colonel aussi passionnant , les deux acteurs sont talentueux.

Les autres comédiens font également de l’excellent travail , comme Karin Konoval qui campe un Maurice adorable mais surtout retenons la performance de la jeune Amiah Miller qui n’a pas besoin de paroles pour nous émouvoir.

Terminons avec la réalisation de Matt Reeves qui continue le superbe travail qu’il a fourni durant La Planète Des Singes – L’Affrontement. Il se surpasse dans Suprématie avec une mise en scène léchée. En situant la trame du film en hiver , il accentue son aspect froid , ce qui est une excellente idée. Pour contraster avec le blanc , Reeves utilise le noir et les palettes de couleurs sombres pour appuyer sur les éléments tragiques qui émaillent le long-métrage. Pour renforcer le drame qu’est Suprématie , le réalisateur appuie sur les plans serrés sur ses personnages , pour être au plus près de leurs émotions. Tout est fait pour nous sensibiliser , nous émouvoir le plus possible. Après tout nous assistons au dernier volet de la trilogie , nous voyons nos héros pour la dernière fois , nous leur faisons nos adieu (avant un quatrième volet ?).

La Planète Des Singes – Suprématie est une conclusion brillante à une trilogie qui l’est tout autant. Matt Reeves dirige d’une main de maître un dernier opus d’une intensité rare avec un Andy Serkis au sommet de son art. Magistral. Vive César !

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