[Critique] Baby Driver ou l’action au service de la musique

Pour sa nouvelle réalisation , quatre ans après The World’s End (Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde en VF) qui concluait la fameuse Cornetto Trilogy (composée de Shaun Of The Dead et Hot Fuzz) , Edgar Wright revient avec un film très particulier. Son cinquième long-métrage , Baby Driver est en effet un projet de longue date (22 ans ! et le scénario a été écrit en 2011) pour le réalisateur britannique et suite à son éviction d’Ant-Man en 2014 , il a pu pleinement s’y consacrer. Wright étant mélomane en plus d’être cinéphile , il a voulu concilier les deux dans un film.

Au fil des années , nous avons pu voir des bribes de ce que pouvait donner Baby Driver sur grand écran. Tout d’abord dans Shaun Of The Dead avec la séquence du JukeBox au son de Don’t Stop Me Now de Queen , puis dans le clip de Blue Song du groupe Mint Royale. Le but d’Edgar Wright est que la musique soit le personnage principal du long-métrage et que l’action soit au service de celle-ci.

L’intrigue du film tourne autour du monde du banditisme et des braquages avec le jeune Baby (Ansel Elgort) , conducteur surdoué qui met son don au service d’un truand (Kevin Spacey). La musique est essentielle dans sa vie et le rythme des chansons qu’il écoute rythme sa vie. Voilà pour ce qui est du synopsis de Baby Driver dont voici la bande annonce (le film n’est plus à 100% sur Rotten Tomatoes mais à 94% , ce qui reste excellent !):

Est-ce qu’Edgar Wright a réussi à transformer l’essai et fait de Baby Driver un film qui tient toutes ses promesses ? L’exercice de style est-il à la hauteur ?

La réponse est oui , Baby Driver est l’objet cinématographique qu’il était censé être , Edgar Wright a conçu un long-métrage musical d’un nouveau genre et le résultat est plus que satisfaisant , nous tenons là un divertissement de haute-volée qui va marquer cette année.

Le scénario du film est le plus classique de la filmographie du réalisateur mais cette virée dans le grand banditisme couplée à une histoire d’amour est traitée de façon détonante et surtout satisfaisante. Ponctué de rebondissements , Baby Driver se déroule à un rythme effréné et ce pour une bonne raison. Car l’enjeu du long-métrage est surtout le lien qui s’effectue entre l’action et la musique. Et là force est de constater que le concept tient extrêmement bien la route ! L’idée de transposer une telle histoire , comprenant scènes de courses-poursuites , cascades , coups de feu , se révèle être une excellente idée quand on entend les choix musicaux d’Edgar Wright. C’est là que l’on voit que le réalisateur porte ce projet à bout de bras depuis fort longtemps , car tout est parfaitement millimétré , telle une partition. L’action est l’accessoire de la musique , chaque plan , chaque séquence est orchestré pour coller à celle-ci , c’est une belle prouesse technique est le résultat est un plaisir pour les yeux et les oreilles. La bande originale de Baby Driver tournera à plein tube dans les autoradios et beaucoup vont tenter de se synchroniser à celle-ci et de se la jouer comme Baby.

Edgar Wright s’était déjà essayé au registre du film d’action en le parodiant dans Hot Fuzz mais cette fois il s’applique bien plus et sa caméra est bien plus fluide , lui permettant de réaliser des poursuites très chorégraphiées et rappelant les grandes heures du genre dans les années 1970 , on pense à Driver de Walter Hill , dont Wright a confirmé l’inspiration. Niveau fusillades , nous sommes également servis , bref on nous offre un polar pur et dur. La réalisation se permet d’être inventive , Wright sait exactement ce qu’il veut et tente toujours de nouvelles choses et c’est encore une fois le cas ici.

Concernant le jeu d’acteurs , rien à redire. Parmi les principaux protagonistes , Kevin Spacey est comme à son habitude dans son élément avec le rôle de Doc , le chef de bande et investigateur de ces braquages parsemant le film et Jamie Foxx campe un gangster imprévisible et prend plaisir à le jouer , ça se ressent à l’écran. John Hamm et Eiza Gonzalez sont un couple Rock N’ Roll tout feu tout flamme , capable du meilleur comme du pire. Et au milieu de ces gangsters , notre Baby , rôle qui va marquer la jeune carrière d’Ansel Elgort à n’en pas douter. Au premier abord impassible , sa rencontre avec Debora va lui permettre de se développer émotionnellement et cela permet également à Elgort de montrer une palette de jeu nuancée. Lily James est la dose de douceur dans ce monde de brute , un vent de fraîcheur nécessaire et qui fait du bien. Et n’oublions pas C.J Jones , qui est un excellent second rôle.

Baby Driver est donc la promesse tenue d’un film au concept maîtrisé. Edgar Wright nous livre un objet filmique original dans la forme et divertissant dans le fond , permettant de se démarquer par rapport aux nombreux blockbusters proposés cet été. Ce polar où le rythme de l’action et de la bande son se confondent pour notre plus grand plaisir est un spectacle qu’il faut voir à toute vitesse !

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6 réflexions sur “[Critique] Baby Driver ou l’action au service de la musique

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