Arras Film Festival : Vincent , un sujet difficile traité de façon touchante et drôle par Christophe Van Rompaey

Ce samedi 12 Novembre était projeté le film Vincent à l’Arras Film Festival , réalisé par Christophe Van Rompaey avec au casting notamment Spencer Bogaert , Barbara Sarafian , Alexandra Lamy , Geert Van Rampelberg , Frédéric Epaud.

vincent

Ce troisième long-métrage du réalisateur flamand , est centré , comme son titre l’indique , sur la vie du jeune Vincent (Spencer Bogaert). Il est un jeune activiste écologiste de 17 ans ,  prêt à mettre sa vie en péril pour lutter pour la bonne cause. Mais sur sa route, et le hasard faisant bien les choses, il croise sa tante Nicole , surnommée Nikki (Alexandra Lamy), une parisienne farfelue et névrosée qui va tout faire pour lui redonner un peu de joie de vivre.

 

Vincent est une excellente surprise , un film à l’atmosphère particulière. Le sujet du suicide y est abordé sous un angle très intéressant , sans se concentrer sur le pathos de la situation. Là où des films peuvent plonger dans le drame pur et dur , avec pour seul but de nous faire pleurer , Christophe Van Rompaey réussit à éviter cela , en oscillant entre rires et émotion et en ne se concentrant pas seulement sur ce thème , permettant d’avoir une histoire riche.

Le scénario est écrit par Jean-Claude Van Rijckeghem , qui a collaboré avec Christophe Van Rompaey sur son précédent film Moscow , Belgium. Il parvient à ajouter de l’humour dans le drame , permettant au film de trouver un équilibre parfait. Si le point central du film est Vincent , sa famille n’est pas en reste. On rit des aventures de cette famille franco-belge , qui même face aux difficultés , aux épreuves , reste attachante et drôle. L’humour est bien dosé et les blagues sur la Belgique et la France font mouches. Le film a également pour thèmes l’écologie , devenir adulte et le voyage initiatique. Le film ne souffre donc d’aucune baisse de rythme ni d’une surcharge de péripéties. Comme dit précédemment , l’équilibre est parfait.

La réalisation est soignée , avec de beaux plans et de bonne idées de séquences.Comme le fait que l’on débute et on termine le film du point de vue de Vincent , ce qui nous permet de nous identifier directement à lui , à être investi dans son histoire. Les gros plans sur les visages de nos personnages véhiculent leurs émotions , on voit à quoi ils pensent , même s’ils ne disent rien. Et on voyage en même temps que nos personnages grâce aux différents paysages de la Belgique et de la France que nos personnages lors de leur road-trip. La bande-son est également un plus avec un choix de chansons correspondant bien aux personnages , et les airs de guitare sont joués différemment selon l’état d’esprit de chacun , tout cela est bien trouvé et aide à nous sentir concerné par nos héros. En plus d’être un bon film, Vincent est un beau film.

Vincent doit aussi sa réussite grâce à ses personnages et comédiens. La famille recomposée de Vincent est si imparfaite mais tellement attachante avec le beau-père cool (Geert Van Rampelberg), la demi-soeur un peu simple d’esprit et sur le point d’accoucher (Emma Reynaert ) et l’autre demi-soeur en pleine crise d’adolescence (Kimke Desart). Tous sont très bons. Mais les personnages les plus marquants du film sont Vincent , Marianne et Nicole. Ce trio est remarquable. Vincent en activiste écolo est déterminé à vouloir changer le monde , à faire réagir les gens grâce à une action forte. Mais est-ce qu’il est juste extrémiste ou vraiment dépressif ? Spencer Bogaert apporte une touche de sensibilité , une sincérité désarmante. Nicole , la demi-soeur de Marianne , jouée par Alexandra Lamy est le personnage fantasque du film , apportant un vent de fraîcheur lorsqu’elle débarque rendre visite à sa famille. Alexandra joue parfaitement cette folie douce mais elle nous étonne en donnant de l’épaisseur à son personnage , qui nous dévoile une part plus sombre de sa personnalité. Le duo que Nicole forme avec Vincent est bénéfique pour eux deux , ils s’aident à affronter leurs démons. Et pour finir , Marianne , la mère de Vincent , brillamment interprétée par Barbara Sarafian. Son personnage de femme perdue , au bout du rouleau à cause des événements , va se révéler très drôle , sarcastique même si elle n’oublie pas de nous émouvoir. Barbara Sarafian montre toute l’étendue de son jeu avec une palette très large : elle nous fait mourir de rire mais peut l’instant d’après nous émouvoir.

Vincent est un petit bijou de cinéma indépendant , nous plongeant dans un univers doux et amer , avec une galerie de personnages attachants. Un beau film.

L’équipe du film était présente pour présenter le film et ils ont été très sympathique avec nous ! 🙂

J’ai appris , grâce aux producteurs du film , très sympathiques , que Vincent a mis du temps à se monter , ayant du mal à trouver des financements. Le projet de ce film remonte à 2009 !

Publicités

2 réflexions sur “Arras Film Festival : Vincent , un sujet difficile traité de façon touchante et drôle par Christophe Van Rompaey

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s